7 février, 2010

La grande évasion ou Le vrai scandale des paradis fiscaux

Xavier Harel, journaliste à la Tribune, où il publie des enquêtes sur les facettes les moins reluisantes de l’économie mondiale, corruption, blanchiment, évasion fiscale, vient de publier aux Editions LLL (Les Liens qui Libèrent) La grande évasion ou Le vrai scandale des paradis fiscaux. Il est également l’auteur d’Afrique, pillage à huis-clos chez Fayard, une enquête sur la vente pétrolière en Afrique.

D’après l’éditeur, ce dernier ouvrage retrace comment, malgré les déclarations du G 20 et la crise économique, les plus riches et les multinationales continuent de ne pas payer d’impôts. C’est une enquête au cœur des paradis fiscaux, avec des chiffres qui glacent : près de 12 000 milliards d’euros dorment toujours dans ces territoires très protégés.
Un scandale auquel la France n’échappe pas. L’auteur met à nu les systèmes, trusts, holdings, délocalisations, qui permettent, souvent en toute légalité, de faire peser le poids de l’impôt sur les classes moyennes et sur les PME et de ne pas participer à l’effort collectif.

3 février, 2010

Anticor a reçu une délégation anticorruption chinoise du Fujian

Participants chinois : environ 15 personnes de la commission d’inspection du Parti de la province du Fujian. La délégation est menée par le Vice-président de cette commission.
Participants représentants Anticor : Jean-Pierre Guis, Matthieu Montagne et Bertrand Le Roy

Les membres de la délégation viennent du gouvernement provincial du Fujian, la province faisant face à Taïwan. Ce sont des fonctionnaires de l’Etat chinois en charge de la lutte contre la corruption.

En France, ils ont rencontré et rendu visite à des organismes officiels et des institutions chargés de la lutte contre la corruption : la Cour d’Appel, l’Assemblée Nationale, la cellule des experts comptables de Lyon. En tout ils ont découvert une vingtaine d’organismes.

Ils ont également suivi une formation dispensée à l’université de Nanterre sur la corruption et les moyens de lutte mis en place en France.

Jean-Pierre Guis a d’abord présenté l’association Anticor, constituée de citoyens, d’élus et d’experts, ainsi que ses moyens d’actions (presse, réunions publiques, actions de sensibilisation, formation…)

Quelques-unes des propositions d’Anticor susceptibles d’intéresser nos interlocuteurs chinois ont été détaillées et en particulier :

  • contre le cumul des mandats des élus
  • pour le renforcement du pouvoir de la cour des comptes et des chambres régionales des comptes
  • pour l’utilisation plus large des commissions d’appel d’offres dans les marchés publics
  • l’impossible réélection d’un élu condamné pour des faits de corruption

Jean-Pierre Guis a évoqué les conséquences concrètes de la corruption qui peuvent entrainer l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité pour la construction et avoir de graves conséquences lors de catastrophe naturelle telle qu’à Haïti. Cet angle de vue a été bien perçu et a rejoint un évènement semblable qui a eu lieu dans la province chinoise du Sichuan en 2009, qui a marqué les esprits chinois et pour laquelle la corruption avait aussi été pointée du doigt..

La délégation chinoise

En Chine, les commissions d’inspection, en charge de la lutte contre la corruption sont organisée en quatre niveaux, du gouvernement central, à la petite ville en passant par la province et les agglomérations urbaines

Les membres de ces commissions ont pour mission, à chaque niveau, de surveiller les fonctionnaires des services publics et le contrôle des gouvernements locaux. Ils ont un pouvoir d’investigation et d’analyse.

Pour les délits de petites ou de moyenne ampleur, ces commissions disposent d’un pouvoir de sanction. Pour des délits importants, et c’est principalement là leur objectif, elles transfèrent les dossiers à la justice.

Au niveau gouvernemental, cette commission à la possibilité de faire des propositions aux instances dirigeantes et législatives pour mettre en œuvre des réformes du système.

Leur source principale d’information, au-delà des audits qui peuvent être réalisés, sont les citoyens qui dénoncent des pratiquent frauduleuses. Il est intéressant de noter que le responsable de la délégation a par ailleurs reconnu une utilité des média comme source d’information et comme support à la lutte contre la corruption.

La délégation chinoise a enfin souligné la diversité des organismes impliqués dans la lutte anti-corruption en France et a vanté la perception de bonne coordination qu’ils en avaient eu.

2 février, 2010

Malaise dans la justice : invitation pour une journée exceptionnelle à Sciences Po Paris

A l’occasion de la sortie et de la projection du film de Thomas Lacoste « Les Mauvais jours finiront. 40 ans de justice en France », plusieurs associations d’étudiants et L’Université alternative de Sciences Po Paris vous convient, en partenariat avec La Bande Passante et la participation de l’ANAFE, d’ATTAC, de la LDH, de MEDEL et du Syndicat de la Magistrature, à une journée d’étude autour des grands débats contemporains qui agitent la Justice en cette période de crise :

Le samedi 13 février 2010 Amphithéâtre Emile Boutmy, 27 rue Saint-Guillaume, Paris VIIe (Entrée gratuite sur inscription et casse-croûte (6€) sur réservation impérative.

Pour vous inscrire et avoir d’autres informations pratiques (déjeuner, accès etc.), rendez-vous sur le site de La Bande Passante.

Programme

8h45 : Accueil du public et des intervenants

9h15 : Présentation et introduction de la journée par le sociologue Frédéric Neyrat (modérateur de la journée d’étude) en présence du cinéaste Thomas Lacoste et de Jonathan Bartoli (coorganisateur pour l’Université Alternative de Sciences Po)

9h30 : Le droit des mineurs par Marie-Pierre Hourcade et Marie-José Marand-Michon (magistrates, respectivement vice-présidentes au tribunal de grande instance de Paris et au tribunal de grande instance de Créteil)

10h15 : Les droits des étrangers par Patrick Henriot (magistrat, substitut général à la Cour d’appel de Paris)

11h : Pause café

11h15 : La justice face aux plus démunis par Aïda Chouk (magistrate, vice-présidente au tribunal d’instance de Vincennes)

12h : Le droit du travail : un rapport de forces permanent par Patrice de Charette (magistrat, président de la chambre sociale à la Cour d’appel de Toulouse)

12h45 : Pause déjeuner (casse-croûte, 6 €, sur réservation impérative en cliquant ici)

13h30 : Corruption et criminalité économique et financière par temps de crise avec Renaud Van Ruymbeke (magistrat, premier juge d’instruction au pôle financier du tribunal de Paris) et Eric Alt (magistrat, conseiller référendaire à la Cour de cassation, vice-président de MEDEL – Magistrats européens pour la démocratie et les libertés)

15h : Pause

15h15 : Projection du film ciné-frontières de Thomas Lacoste « Les mauvais jours finiront. 40 ans de justice en France aux côtés du Syndicat de la magistrature »

17h30 : Echange avec le cinéaste Thomas Lacoste

17h45 : Conférence conclusive « Les droits de l’Homme par temps de crise » par Jean-Pierre Dubois (président de la Ligue des droits de l’Homme, professeur de droit constitutionnel et d’histoire des idées politiques à l’Université Paris-Sud)

18h30 : Clôture.

27 janvier, 2010

Voeux d’Anticor repris par Bakchich tv et témoignage d’un élu qui dérange !

Sous le titre « Corruption : Anticor et à cri » le site de Bakchich a repris aujourd’hui l’essence des voeux d’Anticor présentés le 25 janvier au soir à Paris, auprès d’une audience nombreuse, avec des journalistes, des personnalités dont Corinne Lepage et notre président d’honneur Eric Halphen, des élus, des adhérents et des sympathisants venus parfois de loin pour partager notre bilan et nos projets pour 2010.

Il y a aussi le témoignage d’un élu qui dérange ….

Pour lire l’article :

http://www.bakchich.info/Corruption-Anticor-et-a-cri,09893.html

26 janvier, 2010

Régionales 2010 : quels engagements anticorruption des partis politiques ?

Les 14 et 21 mars prochains, les partis politiques solliciteront la confiance des citoyens pour les élections régionales. Au délà de leurs divergences partisanes, que proposent-ils concrètement sur la transparence de leur gestion et la démocratie ? quels engagements prennent ils en matière de lutte contre la corruption, trafics d’influence, conflits d’intérêts, lobbying ?

Alors que :

-la suppression des chambres régionales est annoncée,

-le contrôle de la cour des comptes deviendrait une simple « évaluation » .

-les juges d’instruction, ceux qui restaient indépendants du pouvoir exécutif, sont appelés à disparaître.

Les élections régionales seront donc un test de crédibilité des projets en terme de chiffrage et d’évaluation des dépenses publiques, mais aussi d’engagements concrets à « moraliser » la vie politique et la gestion des collectivités pour les citoyens qui sont de plus en plus sollicités pour financer des dépenses..pas toujours justifiées.

Pour ces raisons, ANTICOR organisera avec SHERPA en partenariat avec des médias LE GRAND DEBAT ANTICORRUPTION à Grenoble au début du mois de mars.

(Précisions et liste des personnalités représentantes des formations politiques à venir dans les prochains jours…)

21 janvier, 2010

Invitation aux vœux d’Anticor

Nous sommes heureux de vous convier à la présentation de nos vœux et nos projets :

le 25 janvier à 18h30
Restaurant l’Assemblée, au 2ème étage
13 rue de Bourgogne
75007 Paris

>> Voir sur un plan

17 janvier, 2010

Justice aux ordres, retour sur la manifestation

Parmi les magistrats, avocats, militants associatifs, la caméra citoyenne d’ANTICOR TV était présente,

retour sur l’évènement  (et d’autres vidéos) : http://www.dailymotion.com/video/xbveap_assisdeboutmais-pas-couchey_news

Bon à savoir :  La position du plus haut magistrat sur la suppression du juge d’instruction !

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/15/le-plus-haut-magistrat-du-parquet-emet-des-reserves-sur-la-reforme-de-la-justice_1292129_3224.html

14 janvier, 2010

Ouvrage : « Face aux crimes du marché » par Wiliam Bourdon

Au cours des dernières décennies, l’extension sans freins de la mondialisation s’est accompagnée de la multiplication des violations, directes ou indirectes, des droits humains de la part de ses acteurs principaux, multinationales et grandes institutions financières. Les atteintes à la santé publique et à l’environnement, notamment, sont de plus en plus graves, sans que les victimes aient les moyens d’obtenir des réparations et, a fortiori, la sanction des responsables, faute d’un droit international adapté.
C’est ce défi que prend à bras-le-corps dans ce livre l’avocat William Bourdon, en s’appuyant sur une solide expérience en matière de lutte contre l’impunité des acteurs non étatiques. En mobilisant de nombreux exemples, du drame de Bhopal en 1984 au combat récent des travailleurs forcés de Total en Birmanie, il montre tous les obstacles auxquels se heurtent aujourd’hui les luttes des victimes de la mondialisation. Dont le moindre n’est pas – grâce en particulier aux paradis fiscaux – l’opacité des lieux de pouvoir, servant l’irresponsabilité des coupables.
Surtout, il explique les illusions des solutions le plus souvent préconisées : la revendication d’un Tribunal pénal international pour les droits économiques et sociaux, sur le modèle de la Cour pénale internationale ; ou, à l’inverse, les multiples initiatives « éthiques » des multinationales – codes de conduite, chartes de développement durable, etc. – pour s’affranchir de toute contrainte externe. Et grâce aux acquis de l’association Sherpa, il explore, de façon novatrice et souvent provocatrice, les voies nécessairement plurielles qui permettront de faire face aux nouvelles formes d’impunité nées de la mondialisation.

William Bourdon, avocat au barreau de Paris, est notamment l’auteur de Haute fidélité (Seuil, 1999) et de La Cour pénale internationale et le statut de Rome (Seuil, 1999).