19 novembre, 2009

Congrès des maires : l’éthique de la gestion de l’eau en débat

L’eau est une ressource ultra profitable à quelques sociétés privées conservant un quasi monopole sur les marchés publics en nouant des relations de partenariat, de sponsoring et via un intense lobbying auprès des collectivités. Peu d’entre nous savent que leur facture finance aussi, via les annonces publicitaires ou le sport professionnel, la plupart des médias, des grands syndicats ou encore le football par exemple !

Vu les hausses de prix imposées aux citoyens, usagers du service public de l’eau,(mais aussi de l’électricité, des ordures ménagères gérés par les mêmes groupes (lire sur bakchich.info notamment l’affaire de Marseille), et les troublantes révélations faites par le JDD récemment, tout autant que les enquêtes de l’UFC-QUE choisir ou des rapports de chambres régionales des comptes, il est temps de définir une maitrise démocratique de ces biens communs…

Alors que se tient ces jours-ci le congrès des maires, voici le lien vers l’appel à tous les Maires lancé par la Fondation France Liberté : http://www.france-libertes.org/
et celui vers l’ACME pour de plus amples renseignements sur la mobilisation citoyenne et les clés pour agir : http://www.acme-eau.org/

19 novembre, 2009

A lire : Tribune de Corinne Lepage, présidente de CAP 21-membre du comité de parrainage d’Anticor

Un conseil lecture de la journée :

La dégringolade de la France dans le classement de l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International (sept places en deux ans, 24e rang mondial) devrait être un signal fort pour mettre la parole publique autour de l’exemplarité en accord avec les actes.

Malheureusement, la situation déjà très dégradée va devenir catastrophique : une émission récemment diffusée sur Canal+ l’a parfaitement décrite avec des images et des propos courageux qui tranchent avec le non-dit habituel. Elle va empirer si l’on rompt avec les obligations résultant de la convention européenne des droits de l’homme qui exigent un juge indépendant et l’accès à un procès équitable d’une part, le droit au contrôle de l’usage des fonds publics d’autre part.

Lire la suite de la tribune sur Rue89.

17 novembre, 2009

Vers la dépénalisation du délit de favoritisme ?

Institué en 1991, Le délit de favoritisme[1] dans les marchés et les conventions de délégation de service public, est né du mouvement législatif de moralisation de la vie économique et financière de la fin des années 1980, qui a vu le jour à la suite des affaires de financement des partis politiques. La création d’une infraction nouvelle, spécifique à l’achat public, aisée à mettre en œuvre a été voulue pour jouer un rôle préventif contre la corruption.

Plusieurs gouvernements ont tenté depuis une dizaine d’années, d’assouplir, voire d’abroger ce délit que de nombreux élus redoutent car leur responsabilité peut être mise en jeu, même en cas de faute non intentionnelle, dans le cas de passation de marchés contraires aux règles des marchés publics. Le gouvernement en a déjà affaibli la portée, en préconisant un recours à des appels d’offres allégés dans le cadre du plan de relance et surtout en assouplissant les règles des partenariats publics-privés.

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17 novembre, 2009

Journée de grève nationale des magistrats financiers contre la suppression des chambres régionales des comptes

Suppression des chambres régionales des comptes qui deviendront des chambres territoriales, fin du contrôle financier public des collectivités qui sera remplacé par une évaluation, réécriture du délit de favoritisme, tels sont les enjeux de la réforme actuellement présentée (et encore très peu médiatisée) au Parlement.

Et pourtant, les rapports de contrôle financier public sont les derniers outils de mesure de la corruption. La plupart des “affaires” politico-financières ayant connu des suites judiciaires (Ile de France, Polynésie, Saint Cyprien, Pont Saint Esprit…) dont ANTICOR traite réguliérement n’auraient jamais été révélées sans ces rapports.

C’est, avant la suppression annoncée du juge d’instruction LA réforme qui consacre la marche ultime vers la fin du traitement de la corruption et de la délinquance financière en France..

Ainsi, la mobilisation des citoyens aux côtés des juges financiers est indispensable !

Ici interview de M. Sylvain HUET, président du Syndicat des Juges financiers pour ANTICOR TV :


http://www.dailymotion.com/video/xb6hmi_interview-de-sylvain-huet-president_news

Pour en savoir plus : http://eco.rue89.com/2009/11/16/la-revolte-des-magistrats-financiers-deterreurs-daffaires-126190

12 novembre, 2009

Affaire “du Diamant noir” : à l’initiative de Silvain Pastor, membre d’Anticor, le sénateur-maire de Nîmes est condamné à une amende de 24 000 € et pourrait être inéligible

Le 20 octobre, le maire UMP de Nîmes Jean-Paul Fournier, a comparu devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour prise illégale d’intérêts dans l’affaire dite du Diamant noir.

Si l’élu s’est retrouvé dans le prétoire, c’est pour une affaire de tuyaux et une transaction foncière datant de 2003, après une plainte déposée par l’élu Verts, Silvain Pastor qui a tenté de se constituer partie civile.

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11 novembre, 2009

LobbyPlanet, les dessous du lobbying

“Lobby Planet Paris donne un coup de projecteur pratique, ludique et documenté pour les lecteurs curieux sur un milieu qui préfère l’ombre à la lumière du jour. Parce que le lobbying est une jungle, il vous fallait bien un guide de voyage pour partir à sa découverte.”

Un ouvrage de lobbyplanetparis.fr
LobbyPlanet Bon de commande

5 novembre, 2009

L’Histoire secrète du patronat

Anticor vous signale la parution du livre « l’Histoire secrète du patronat, le vrai visage du capitalisme français », qui sort le jeudi 5 novembre dans toutes les bonnes librairies.

Les auteurs : Frédéric Charpier, Benoît Colombat, Martine Orange, David Servenay, Erwan Seznec.

Vous pouvez en avoir un avant-goût sur le site de l’éditeur, La Découverte.

C’est un gros livre (plus de 700 pages), qui se lit très facilement et comporte plein d’infos. Comme il pèse près d’un kilo, mais qu’il n’est pas cher (25 euros), vous pourrez aussi, après lecture, en faire un pied de lit, de canapé ou de bureau (c’est D. Servenay qui le dit!).

Bonne lecture.

5 novembre, 2009

… ça se passe dans les medias

SNJ, CGT CFDT journalistes

Paris, le 03 novembre 2009

Monsieur le Président,

En France comme dans de nombreux pays européens l’information est en danger. Baptisée “Stand up for journalism” à l’initiative de la Fédération européenne des Journalistes, cette journée du 5 novembre est l’occasion pour nous d’attirer votre attention et celle de l’ensemble des citoyens de notre pays sur cette situation extrêmement préoccupante.

Depuis votre élection à la présidence de la République, les syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT) constatent que la situation des médias s’est sensiblement aggravée.

Il n’est pas un jour sans qu’un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision ne licencie des journalistes en prétextant la crise économique.

Parallèlement, des journaux disparaissent. La presse gratuite – longtemps présentée comme “La” solution à la désaffection du lectorat – est dans le rouge. Les quotidiens à faible revenu publicitaire connaissent d’amples difficultés.

Les plans « sociaux», les plans de départs volontaires, les licenciements se sont multipliés tout au long de l’année. 2300 journalistes – c’est un premier bilan – seraient venus gonfler les rangs des chômeurs. Pour une profession regroupant 38.000 salariés la saignée est énorme.

De plus, un cinquième de la profession est précarisé. Certains pigistes gagnent à peine le Smic, contraignant la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels à abaisser à un demi-Smic le minimum requis pour leur reconnaître l’appartenance à la profession. Peut-on vivre décemment avec un tel revenu? Peut-on exercer sérieusement la profession de journaliste dans un tel état de dénuement ?

Cela n’empêche pas un dirigeant d’un grand groupe de presse magazine de revendiquer une prime de départ de 2 millions et demi d’euros!

Cela n’empêche pas non plus la plupart des dirigeants d’entreprises de presse, auxquels vous avez accordé des aides substantielles, par le biais des Etats généraux de la presse écrite, de continuer à mener des politiques managériales qui amenuisent les moyens des rédactions et les empêchent de remplir correctement leur mission, réduisant l’information à l’état de marchandise insipide, compromettant la qualité des contenus et, par là même, l’avenir de leurs médias.

Le pluralisme est atteint en son cœur. Les fusions, les rachats, les concentrations au profit de grands groupes de presse dont vous vous félicitez d’être proche (Lagardère, Bolloré), ou du Crédit Mutuel (groupe EBRA), ne contribuent pas à sauver, ni même à conforter les titres. Au contraire, elles en font disparaître l’identité et la diversité. Les lecteurs ne s’y retrouvent pas, délaissant de plus en plus l’information spectacle, la « pipolisation» croissante, l’infomerciale et l’uniformisation.

Regagner des lecteurs, retrouver la confiance de ceux qui nous lisent ou nous écoutent, exige une réflexion sur le contenu et la qualité de l’information. Voilà qui nécessite de mobiliser toutes les compétences: celles des journalistes “d’expérience”, que les coupes claires faites dans les effectifs des rédactions poussent irrémédiablement vers la porte. Et celle de jeunes journalistes motivés, diplômés, mais cantonnés dans des contrats sans lendemain, à faire, devant leur écran, du journalisme loin du terrain.

Lorsque la seule préoccupation des actionnaires est de rentabiliser les « tuyaux», sans se soucier de la qualité des contenus du moment qu’ils en gardent le contrôle, cela conduit à une politique dangereuse pour l’information.

Les syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT), concernés depuis toujours par la déontologie et les principes professionnels, affirment haut et fort que l’intégration d’une charte dans la convention collective des journalistes serait un signal fort en direction de l’opinion publique, lassée des dérives récurrentes et des approximations. Hélas, tous leurs efforts pour faire partager ce souci aux représentants des éditeurs sont restés vains.

Un projet de code de déontologie vient d’être rendu public. Permettra-t-il enfin d’engager la discussion entre représentants des journalistes et des patrons? C’est une question! Cette discussion sera-t-elle ouverte et sincère? C’en est une autre.

En tous cas, les syndicats de journalistes ne pourront accepter un code qui n’engagerait pas la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne éditoriale, du plus humble des rédacteurs jusqu’au directeur de la publication, en passant par tous les stades des hiérarchies rédactionnelles.

Ils ne sauraient accepter un code qui cherche à faire porter le chapeau au seul journaliste de terrain, dont la tâche est déjà rendue plus que difficile par les dérives éditoriales et économiques imposées par les éditeurs, ainsi que par des conditions de travail considérablement dégradées.

Ils ne sauraient accepter non plus un code où les responsabilités devant les citoyens ne seraient pas une priorité.

Oui les journalistes ont le devoir d’informer. Mais pour se faire il faudrait leur reconnaître des droits et des conditions de travail compatibles avec un vrai travail d’investigation et de vérification. Une information de qualité se doit d’être libérée du poids des actionnaires, des fonds de pension, des publicitaires et des politiques. Qu’attend la France pour reconnaitre par la loi l’indépendance des rédactions face aux groupes industriels qui contrôlent notre profession?

Les journalistes dans ce pays n’ont toujours pas la garantie de voir leurs sources protégées, alors que la loi et la justice européennes l’imposent. Ils risquent de voir débarquer la police dans leur rédaction, comme au Canard enchainé, à l’Equipe, au Point, à Midi libre, à la Nouvelle République du Centre-Ouest, à la République du Centre, etc.

Dans l’audiovisuel public la situation n’est guère plus brillante.

L’avenir de France-Télévision, de Radio France, est obéré par la suppression de la publicité sans la garantie de moyens équivalents « à l’euro» près». 900 emplois sont déjà dans le collimateur à France Télévisions, soit 10% de l’effectif.

Parallèlement le contrôle du pouvoir devient de plus en plus prégnant à la suite de votre décision de nommer vous-même les dirigeants des chaînes, exemple unique en Europe.

Le temps de l’ORTF où le ministre de l’information dictait sa loi ne semble plus si lointain.

L’audiovisuel extérieur est également menacé, après le rapprochement en une seule entité de France 24, RFI et TV5.

Faut-il rappeler qu’un plan de 206 licenciements est programmé à RFI sans la moindre justification sérieuse, et sans que les salariés et leurs syndicats, malgré leur longue grève, n’aient pu être entendus.

A France 24, on propose aux pigistes le statut d’auto-entrepreneur, contraire à la convention collective des journalistes. Il est choquant que le service public, où l’Etat est le principal actionnaire, donne le mauvais exemple de la précarisation des emplois !

Et que dire encore du rôle que vous voulez assigner à l’AFP en optant avec la direction de cette agence mondiale, la seule non anglo-saxonne, pour son étatisation après avoir mis à l’encan son statut qui depuis un demi siècle a préservé son indépendance. Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre avait lancé l’offensive il y a quelques temps contre cette rédaction, libre de tout capital et actionnaires, pour tenter en vain d’en faire « la voix de son maître» ? Alors étatisation de l’AFP avant sa privatisation ? Comme à GDF ? Comme à La Poste ?

Comment ne pas être scandalisé par les licenciements chez Gamma, une agence photo de renom mondial grâce à ses photographes. Où est la réaction indignée de votre gouvernement et de vous-même devant ce bradage du patrimoine national par un fonds d’investissement pour lequel les rendements financiers sont plus importants que la culture et le patrimoine?

Monsieur le Président, en cette journée européenne pour la défense du journalisme, les trois syndicats français membres de la FEJ vous demandent:

- d’accéder à leur demande d’une réforme législative qui viserait à reconnaître enfin l’indépendance juridique des équipes rédactionnelles quelles que soient la forme de presse et la taille de l’entreprise médiatique.

- de veiller à ce que les aides publiques à la presse ne servent plus seulement à enrichir des actionnaires ni à regarnir provisoirement des trésoreries, mais accompagnent des politiques volontaristes privilégiant la qualité de l’information et la sauvegarde des emplois

- de garantir des ressources pérennes pour que les services publics de radio et de télévision remplissent pleinement l’intégralité de leurs missions.

- de confirmer à l’audiovisuel extérieur de la France ses missions dans toute leur plénitude ou leur diversité.


Alain GIRARD, premier secrétaire national du SNJ
Dominique CANDILLE, secrétaire générale du SNJ-CGT
Nicolas THIERY, secrétaire général de la USJ-CFTD
Syndicat National des Journalistes - première organisation de la profession – 01 42 36 84 23 – snj@snj.frwww.snj.fr

et aussi :

SEVERINE TESSIER :
_ sur le lobbying (France Info)
_ sur le système Flosse (France Info)
_ sur la conférence de l’ONU contre la corruption (La Croix)
ERIC HALPHEN :
_ sur Chirac (Arret sur Image)
_ sur les affaires (France 3)
_ sur Chirac (Europe1)
_ sur Chirac (Le Parisien)
JEAN-LUC TOULY :
_ sur les multinationales de l’eau (Le Monde)
ERIC ALT :
_ sur la conférence de l’ONU contre la corruption