5 novembre, 2009

L’Histoire secrète du patronat

Anticor vous signale la parution du livre « l’Histoire secrète du patronat, le vrai visage du capitalisme français », qui sort le jeudi 5 novembre dans toutes les bonnes librairies.

Les auteurs : Frédéric Charpier, Benoît Colombat, Martine Orange, David Servenay, Erwan Seznec.

Vous pouvez en avoir un avant-goût sur le site de l’éditeur, La Découverte.

C’est un gros livre (plus de 700 pages), qui se lit très facilement et comporte plein d’infos. Comme il pèse près d’un kilo, mais qu’il n’est pas cher (25 euros), vous pourrez aussi, après lecture, en faire un pied de lit, de canapé ou de bureau (c’est D. Servenay qui le dit!).

Bonne lecture.

5 novembre, 2009

… ça se passe dans les medias

SNJ… CGT… CFDT journalistes

Paris, le 03 novembre 2009

Monsieur le Président,

En France comme dans de nombreux pays européens l’information est en danger. Baptisée “Stand up for journalism” à l’initiative de la Fédération européenne des Journalistes, cette journée du 5 novembre est l’occasion pour nous d’attirer votre attention et celle de l’ensemble des citoyens de notre pays sur cette situation extrêmement préoccupante.

Depuis votre élection à la présidence de la République, les syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT) constatent que la situation des médias s’est sensiblement aggravée.

Il n’est pas un jour sans qu’un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision ne licencie des journalistes en prétextant la crise économique.

Parallèlement, des journaux disparaissent. La presse gratuite – longtemps présentée comme “La” solution à la désaffection du lectorat – est dans le rouge. Les quotidiens à faible revenu publicitaire connaissent d’amples difficultés.

Les plans « sociaux», les plans de départs volontaires, les licenciements se sont multipliés tout au long de l’année. 2300 journalistes – c’est un premier bilan – seraient venus gonfler les rangs des chômeurs. Pour une profession regroupant 38.000 salariés la saignée est énorme.

De plus, un cinquième de la profession est précarisé. Certains pigistes gagnent à peine le Smic, contraignant la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels à abaisser à un demi-Smic le minimum requis pour leur reconnaître l’appartenance à la profession. Peut-on vivre décemment avec un tel revenu? Peut-on exercer sérieusement la profession de journaliste dans un tel état de dénuement ?

Cela n’empêche pas un dirigeant d’un grand groupe de presse magazine de revendiquer une prime de départ de 2 millions et demi d’euros!

Cela n’empêche pas non plus la plupart des dirigeants d’entreprises de presse, auxquels vous avez accordé des aides substantielles, par le biais des Etats généraux de la presse écrite, de continuer à mener des politiques managériales qui amenuisent les moyens des rédactions et les empêchent de remplir correctement leur mission, réduisant l’information à l’état de marchandise insipide, compromettant la qualité des contenus et, par là même, l’avenir de leurs médias.

Le pluralisme est atteint en son cœur. Les fusions, les rachats, les concentrations au profit de grands groupes de presse dont vous vous félicitez d’être proche (Lagardère, Bolloré), ou du Crédit Mutuel (groupe EBRA), ne contribuent pas à sauver, ni même à conforter les titres. Au contraire, elles en font disparaître l’identité et la diversité. Les lecteurs ne s’y retrouvent pas, délaissant de plus en plus l’information spectacle, la « pipolisation» croissante, l’infomerciale et l’uniformisation.

Regagner des lecteurs, retrouver la confiance de ceux qui nous lisent ou nous écoutent, exige une réflexion sur le contenu et la qualité de l’information. Voilà qui nécessite de mobiliser toutes les compétences: celles des journalistes “d’expérience”, que les coupes claires faites dans les effectifs des rédactions poussent irrémédiablement vers la porte. Et celle de jeunes journalistes motivés, diplômés, mais cantonnés dans des contrats sans lendemain, à faire, devant leur écran, du journalisme loin du terrain.

Lorsque la seule préoccupation des actionnaires est de rentabiliser les « tuyaux», sans se soucier de la qualité des contenus du moment qu’ils en gardent le contrôle, cela conduit à une politique dangereuse pour l’information.

Les syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT), concernés depuis toujours par la déontologie et les principes professionnels, affirment haut et fort que l’intégration d’une charte dans la convention collective des journalistes serait un signal fort en direction de l’opinion publique, lassée des dérives récurrentes et des approximations. Hélas, tous leurs efforts pour faire partager ce souci aux représentants des éditeurs sont restés vains.

Un projet de code de déontologie vient d’être rendu public. Permettra-t-il enfin d’engager la discussion entre représentants des journalistes et des patrons? C’est une question! Cette discussion sera-t-elle ouverte et sincère? C’en est une autre.

En tous cas, les syndicats de journalistes ne pourront accepter un code qui n’engagerait pas la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne éditoriale, du plus humble des rédacteurs jusqu’au directeur de la publication, en passant par tous les stades des hiérarchies rédactionnelles.

Ils ne sauraient accepter un code qui cherche à faire porter le chapeau au seul journaliste de terrain, dont la tâche est déjà rendue plus que difficile par les dérives éditoriales et économiques imposées par les éditeurs, ainsi que par des conditions de travail considérablement dégradées.

Ils ne sauraient accepter non plus un code où les responsabilités devant les citoyens ne seraient pas une priorité.

Oui les journalistes ont le devoir d’informer. Mais pour se faire il faudrait leur reconnaître des droits et des conditions de travail compatibles avec un vrai travail d’investigation et de vérification. Une information de qualité se doit d’être libérée du poids des actionnaires, des fonds de pension, des publicitaires et des politiques. Qu’attend la France pour reconnaitre par la loi l’indépendance des rédactions face aux groupes industriels qui contrôlent notre profession?

Les journalistes dans ce pays n’ont toujours pas la garantie de voir leurs sources protégées, alors que la loi et la justice européennes l’imposent. Ils risquent de voir débarquer la police dans leur rédaction, comme au Canard enchainé, à l’Equipe, au Point, à Midi libre, à la Nouvelle République du Centre-Ouest, à la République du Centre, etc.

Dans l’audiovisuel public la situation n’est guère plus brillante.

L’avenir de France-Télévision, de Radio France, est obéré par la suppression de la publicité sans la garantie de moyens équivalents « à l’euro» près». 900 emplois sont déjà dans le collimateur à France Télévisions, soit 10% de l’effectif.

Parallèlement le contrôle du pouvoir devient de plus en plus prégnant à la suite de votre décision de nommer vous-même les dirigeants des chaînes, exemple unique en Europe.

Le temps de l’ORTF où le ministre de l’information dictait sa loi ne semble plus si lointain.

L’audiovisuel extérieur est également menacé, après le rapprochement en une seule entité de France 24, RFI et TV5.

Faut-il rappeler qu’un plan de 206 licenciements est programmé à RFI sans la moindre justification sérieuse, et sans que les salariés et leurs syndicats, malgré leur longue grève, n’aient pu être entendus.

A France 24, on propose aux pigistes le statut d’auto-entrepreneur, contraire à la convention collective des journalistes. Il est choquant que le service public, où l’Etat est le principal actionnaire, donne le mauvais exemple de la précarisation des emplois !

Et que dire encore du rôle que vous voulez assigner à l’AFP en optant avec la direction de cette agence mondiale, la seule non anglo-saxonne, pour son étatisation après avoir mis à l’encan son statut qui depuis un demi siècle a préservé son indépendance. Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre avait lancé l’offensive il y a quelques temps contre cette rédaction, libre de tout capital et actionnaires, pour tenter en vain d’en faire « la voix de son maître» ? Alors étatisation de l’AFP avant sa privatisation ? Comme à GDF ? Comme à La Poste ?

Comment ne pas être scandalisé par les licenciements chez Gamma, une agence photo de renom mondial grâce à ses photographes. Où est la réaction indignée de votre gouvernement et de vous-même devant ce bradage du patrimoine national par un fonds d’investissement pour lequel les rendements financiers sont plus importants que la culture et le patrimoine?

Monsieur le Président, en cette journée européenne pour la défense du journalisme, les trois syndicats français membres de la FEJ vous demandent:

- d’accéder à leur demande d’une réforme législative qui viserait à reconnaître enfin l’indépendance juridique des équipes rédactionnelles quelles que soient la forme de presse et la taille de l’entreprise médiatique.

- de veiller à ce que les aides publiques à la presse ne servent plus seulement à enrichir des actionnaires ni à regarnir provisoirement des trésoreries, mais accompagnent des politiques volontaristes privilégiant la qualité de l’information et la sauvegarde des emplois

- de garantir des ressources pérennes pour que les services publics de radio et de télévision remplissent pleinement l’intégralité de leurs missions.

- de confirmer à l’audiovisuel extérieur de la France ses missions dans toute leur plénitude ou leur diversité.


Alain GIRARD, premier secrétaire national du SNJ
Dominique CANDILLE, secrétaire générale du SNJ-CGT
Nicolas THIERY, secrétaire général de la USJ-CFTD
Syndicat National des Journalistes - première organisation de la profession – 01 42 36 84 23 – snj@snj.frwww.snj.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


et aussi :

SEVERINE TESSIER :
_ sur le lobbying (France Info)
_ sur le système Flosse (France Info)
_ sur la conférence de l’ONU contre la corruption (La Croix)
ERIC HALPHEN :
_ sur Chirac (Arret sur Image)
_ sur les affaires (France 3)
_ sur Chirac (Europe1)
_ sur Chirac (Le Parisien)
JEAN-LUC TOULY :
_ sur les multinationales de l’eau (Le Monde)
ERIC ALT :
_ sur la conférence de l’ONU contre la corruption

4 novembre, 2009

Corruption de la République ?

Dans l’indifférence générale, la 3ème conférence des Etats à la Convention de l’ONU contre la corruption (la convention de Merida) se prépare.

Elle aura lieu à Doha, du 9 au 13 novembre 2009 et sera précédée d’un Forum mondial sur la lutte contre la corruption et la préservation de l’intégrité, rassemblant des acteurs de la société civile, les 7 et 8 novembre.

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31 octobre, 2009

Justice !?

Après les condamnations de l’ancien ministre de l’Intérieur, et d’un ancien préfet en première instance dans l’affaire des ventes d’armes vers l’Angola, la justice vient de rendre une décision de renvoi devant le tribunal correctionnel de l’ancien président de la République Jacques Chirac pour détournement de fonds publics et abus de confiance du temps de ses fonctions comme maire de Paris.

Bien que tardive en raison de l’irresponsabilité pénale du chef de l’Etat*, cette décision du juge d’instruction contre l’avis du parquet, marque l’impérieuse nécessité de préserver l’indépendance de la justice !

Elle illustre l’importance de la fonction du juge d’instruction dans les affaires politico-financières. Or, cette fonction est aujourd’hui menacée de disparaître.
En outre, ANTICOR rappelle qu’un homme ou une femme politique est un justiciable ordinaire.

Toute tentative d’intervention directe ou indirecte sur le cours de la justice, ainsi que les commentaires visant l’opportunité ou non des sanctions constituent une forme d’atteinte la sérenité de la justice.
Anticor interpellera dans les jours qui viennent les représentants de la Nation sur la réforme de la justice en matière de lutte contre la corruption et le détournement d’argent public

Pour plus d’information sur la réforme :

lettre ouverte du Syndicat de la Magistrature
www.bakchich.info

excellente tribune de Corinne Lepage à lire aussi : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/20091102.OBS6590/le_contrepouvoir_des_juges_par_corinne_lepage.html

 

*la plupart des dossiers visant l’ancien chef du RPR et ses proches ont été préscrits ou n’ont pas donné lieu à l’ouverture d’une enquête

30 octobre, 2009

La fin du contrôle des gestions publiques locales ?

Le 28 octobre 2009, le Conseil des ministres a adopté un projet de réforme des juridictions financières qui pourrait bien, à terme, faire disparaître le contrôle de l’utilisation de l’argent public par les collectivités locales.

Derrière un libellé pour le moins anodin se dissimule ni plus ni moins qu’une remise en cause d’un des fondements de la démocratie locale, née en 1982 des lois de décentralisation, celui du contrôle par les chambres régionales des comptes de l’utilisation des impôts et ressources locales par les communes, les intercommunalités, les départements, les régions, mais aussi par les sociétés d’économie mixte ou les associations subventionnées. Poursuivre la lecture

29 octobre, 2009

Les députés UMP favorisent-ils l’industrie pharmaceutique ?

Après la publication dans le journal le Parisien de ce jour d’une enquête sur les liens entre l’industrie pharmaceutique et les experts consultés sur la grippe A, une députée, membre d’ANTICOR réagit en plein débat sur la loi de financement de la Sécurité Sociale :

Communiqué de Catherine LEMORTON, Députée de Haute-Garonne*

Alors que le Gouvernement en appelle à la responsabilité de tous les acteurs du monde de la santé, alors qu’il fait peser des efforts énormes – et injustes – sur les patients en maintenant les franchises médicales, en permettant les dépassements d’honoraires, en augmentant le forfait hospitalier ou en déremboursant certains médicaments, il vient de prouver une nouvelle fois qu’il applique la politique du « deux poids, deux mesures ». En effet, alors que les résultats de l’industrie pharmaceutique sont très largement positifs malgré la crise que nous traversons, le Gouvernement vient d’empêcher que celle-ci participe à « l’effort national » tant prôné. Par cet acte, le Gouvernement avoue que sa politique n’a pas pour objet l’intérêt général mais l’intérêt de quelques grands groupes économiques et financiers. Cette situation est inacceptable quand 40% de la population atteste reporter des soins ou se les refuser. Il est temps de demander des comptes à un Gouvernement qui confond soutien à la population et soutien aux amis !!

27 octobre, 2009

Ventes d’armes : vers la levée du secret défense ?

Depuis  ces condamnations en première instance, les demandes de levée du secret défense sur les ventes d’armes fusent..qu’en sera t-il ?

Angolagate : miroir de la Françafrique

Parmi les protagonistes de cette affaire, un ancien ministre de l’Intérieur, un ancien préfet, le fils d’un Président de la République, un ancien député : voilà qui ne va malheureusement pas contribuer à améliorer parmi nos concitoyens l’idée qu’ils se font de l’intégrité de ceux qui sont censés servir la République.


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19 octobre, 2009

Le Syndicat National Unifié des Impôts (SNUI) évalue entre 40 et 50 milliards d’euros la fraude fiscale et sociale.

Le SNUI dénonce notamment la part marginale réservée au contrôle fiscal portant sur les montages fiscaux sophistiqués impliquant les paradis fiscaux.
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