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Ca tangue pour G. Dalongeville

6 janvier, 2009

Rappel : Gérard Dalongeville (DVG (1) ) est maire de Hénin-Beaumont (exclu du PS en 2001) a fait alliance pour les municipales de 2008 avec les partis de gauche, PS (Marie-Noëlle Lienemann 1ère adjointe), PCF, MRG et MRC (les verts n’étaient pas entrés dans cette coalition). Ce maire, champion des augmentations des impôts locaux, ce qui lui a valu le surnom de “Monsieur 85%” est soupconné de “quelques fraudes et abus de biens sociaux” (dixit le Canard du 31/12/08). Le canard nous apprend aussi que ce Monsieur adore la presse régionale puisque Nord-Eclair avait disparu des kiosques de vente le 11 décembre dernier, suite à la parution dans ce quotidien d’un article peu flatteur pour G. Dalongeville.
(1) Etiqueté DVG par la presse locale, PS par le Canard…et le Monde des 11 et 18 mars 2008 (?).
Anticor (JPR)

La police financière enquête à Hénin-Beaumont
Publié le mercredi 10 décembre 2008 – Nord Eclair

Les enquêteurs de la brigade financière de Lille passent à la loupe les comptes de la ville d’Henin-Beaumont. Photomontage L.M.

À la demande du procureur de la République de Béthune, la brigade financière de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lille a ouvert une enquête préliminaire sur les finances de la ville d’Hénin.
La mairie d’Hénin-Beaumont a reçu la visite, lundi 1er décembre, de la division économique et financière de la police judiciaire de Lille. Accompagnés du directeur général des services, Georges Houziaux, et du directeur des ressources humaines, Christophe De Clercq, les policiers ont passé plusieurs heures dans les murs de l’hôtel de ville et sont repartis avec un certain nombre de dossiers sous le bras. L’examen minutieux de ces documents conduira ou non le Parquet de Béthune à ouvrir une information judiciaire. Mais pour quel motif ?

Fraude, malversations, détournements de fonds publics ? À l’heure actuelle, ni la brigade financière ni le procureur de la République ne souhaitent préciser les suspicions qui planent au-dessus de la mairie d’Hénin et les éléments qui les ont motivés à fouiller les comptes de la commune. « Il ne s’agit encore que d’une enquête préliminaire. Je n’ai pas ouvert d’information judiciaire et donc pas saisi de juge d’instruction. Les investigations ne font que commencer pour voir justement ce qu’il s’est passé », commente brièvement Brigitte Lamy, le procureur de la République de Béthune.
Visite des enquêteurs dans des entreprises de la région

Selon nos sources, l’enquête porterait sur « une affaire financière très sensible », plus précisément « un système de fraude très complexe ». Plusieurs entreprises de travaux publics de la région, mais également des sous-traitants, ayant répondu à des appels d’offres de la mairie, auraient également reçu la visite des policiers de la brigade financière de Lille. Des membres de la municipalité actuelle sont-ils directement impliqués dans ce dossier chaud ? Il est bien évidemment trop tôt pour le savoir. La fraude, si fraude il y a, pourrait avoir été mise en place de longue date, lors d’un précédent mandat. « C’est à la fois passé et contemporain », nous dit-on. Mais encore une fois, seul le passage au peigne fin de documents remis aux enquêteurs et l’expertise des délégations de signatures pourront éclaircir la situation, et savoir qui peut éventuellement être impliqué. Seule certitude : cet épisode vient plomber un peu plus le climat déjà fragilisé qui règne au sein de l’hôtel de ville, après plusieurs rapports accablants de la chambre régionale des comptes.

Rappelons qu’en 2003 déjà, pour résorber un déficit budgétaire de 12 millions d’euros, Gérard Dalongeville s’était résigné à augmenter de façon colossale les impôts locaux. Ce qui lui avait d’ailleurs valu le surnom de « Monsieur 85 % ». Mais ce n’était alors que le début de la tourmente. Après le constat d’un nouveau déficit de 12,7 millions d’euros cet été, c’est le préfet cette fois qui est intervenu, obligeant le maire à augmenter la fiscalité locale de 10 %. Dans la foulée était élaboré un plan de sauvetage en quatre actes, prévoyant notamment la réduction des dépenses de fonctionnement.
Pour autant, la chambre régionale des comptes n’avait pas déserté les couloirs de l’hôtel de ville. Le mois dernier, suite à un examen de gestion approfondi, un rapport d’observation provisoire avait en effet révélé neuf millions d’euros de factures impayées. Une dette qui serait en partie épongée à ce jour.

Silence radio entre les murs de la mairie

Mais qu’il s’agisse de ces aléas de trésorerie ou de l’enquête financière de la police, difficile de recueillir un commentaire officiel. Gérard Dalongeville, comme son directeur général des services, Georges Houziaux, est resté sourd à nos nombreuses sollicitations. De son côté, Marie-Noëlle Lienemann, députée européenne, vice-présidente du conseil régional et première adjointe à Hénin, affirme n’être « au courant de rien ». À sa décharge, l’ancienne ministre déléguée au Logement était ces derniers jours très prise par l’élection, qu’elle a d’ailleurs perdue hier, du président de l’union sociale pour l’habitat (USH).

Éplucher des kilos de documents pour débusquer l’infraction
Un long travail a débuté pour la division économique et financière de la PJ de Lille. Ses enquêteurs, experts en finances publiques, doivent éplucher des kilomètres de lignes de comptes à la recherche d’une infraction.«La brigade criminelle part d’une infraction pour chercher les coupables. Alors que la brigade financière, elle, ne connaît généralement pas l’infraction exacte lorsqu’elle débute ses investigations », explique Christian Wuilbaut, patron de la DIPJ (direction interrégionale de police judiciaire) de Lille.C’est bien là que réside la complexité des affaires confiées à la division économique et financière (DEF) de la PJ : rien n’est apparent au départ. Il peut s’agir d’abus de biens sociaux, d’emplois fictifs, de détournements de fonds, d’entorses à la concurrence…Généralement saisi à la suite d’un renseignement, ce groupe d’une trentaine d’enquêteurs chevronnés doit d’abord se faire remettre tous les documents dont il a besoin pour « s’assurer de la réalité des faits dénoncés ou suspectés ». Les enquêteurs profitent de cette remise de documents pour procéder à des auditions générales.L’entreprise, et plus rarement la collectivité locale visée par l’enquête, a d’ailleurs tout intérêt à collaborer, sous peine d’être soumise à une perquisition.Débute ensuite la seconde phase, dite « de recherches et de vérifications », comme c’est le cas dans l’affaire d’Hénin-Beaumont. Les policiers doivent éplucher des kilos de documents et zigzaguer entre les lignes comptables, afin de dénicher l’infraction, s’il y en a une, et de décrypter le cas échéant le système de fraude mis en place. Tout cela, en confrontation avec les auditions des responsables et les éventuels témoignages recueillis.La DEF a ainsi traité, en 2007, 200 affaires, dont une petite centaine seulement seraient des affaires purement économiques, la majeure partie de son activité étant plutôt orientée vers les escroqueries.Les policiers qui composent cette unité sont des enquêteurs un peu « à part », des spécialistes de haut niveau, qui connaissent sur le bout des ongles les règles du droit administratif, de la comptabilité, des finances et marchés publics. Ils assistent régulièrement à des stages leur permettant par exemple de connaître les astuces et combines utilisées pour les détournements de fonds. « Il faut des qualités particulières de persévérance et de concentration pour entrer dans cette brigade, souligne Christian Wuilbaut. C’est un métier intellectuel qui n’exige pas le même profil que pour traiter des affaires criminelles. Même si l’instinct policier reste le même, au final. » BRUNO RENOUL

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