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Elections municipales d’Aix en Provence : Maryse Joissains-Masini (UMP) réélue. Une campagne qui n’honore pas la démocratie

21 juillet, 2009

Maryse Joissains-Masini (UMP) a finalement remporté les élections municipales d’Aix en Provence le 19 juillet dernier avec 50,22% des voix, sa liste battant d’une courte avance de 187 voix celle de son adversaire Alexandre Medvedowsky, candidat de l’alliance PS-MoDem-Verts. Stéphane Salord, à l’origine du recours contre l’élection de 2008, avait quant à lui appelé à soutenir l’alliance.

A propos de ce recours, Maryse Joissains-Masini n’avait pas hésitée à dénoncer “une décision politique” lorsque le Conseil d’Etat avait décidé d’annuler les élections de 2008. Du coup, Alexandre Medvedowsky signale que le fait de “critiquer une institution judiciaire est constitutif d’un délit ».

Il a en outre fait part de son intention de déposer un recours devant le tribunal administratif contre l’élection du 19 juillet, “compte-tenu, a-t-il dit, des nombreuses irrégularités qui ont été commises par Mme Joissains-Masini dans cette campagne, par des tracts diffamatoires”. Il a ajouté que la coalition qu’il dirigeait ” allait demander des vérifications sur l’ensemble des opérations électorales et notamment des procurations et des conditions dans lesquelles certaines procurations ont été établies “. Cette élection s’est aussi caractérisée par un fort taux d’abstention de plus de 50%.

Il faut savoir aussi que Mme Joissains-Masini fait partie du club des cumulards de la République, Présidente de la communauté du pays d’Aix elle est aussi députée.

A Aix en Provence, on peut aussi parler de népotisme, lorsque l’on parle de la famille de Mme Joissains-Masini. Jugez vous-mêmes. « En 1978, après deux annulations successives par le Conseil d’État, son époux, Alain Joissains-Masini, conquiert la mairie d’Aix-en-Provence. De plus, à la veille des élections municipales de 1983, alors que le maire sortant est crédité de 66 % d’intentions de vote, éclate l’« affaire Joissains-Masini » (le maire aurait financé une partie de la villa de son beau-père avec l’argent de la municipalité). Accusant le clan Defferre, le couple Joissains-Masini-Massini se dit victime d’une brigue « politico-médiatique ». Durant cette période, Maryse Joissains-Masini, avocate de profession, soutient son mari avec opiniâtreté, obtenant la révision du procès qui l’a condamné à deux ans de prison avec sursis » (Wikipedia).

Enfin, leur fille, Sophie Joissains-Masini est adjointe au maire d’Aix-en-Provence, vice-présidente de la communauté d’agglomération du Pays d’Aix et sénatrice des Bouches-du-Rhône depuis octobre 2008.

Les résultats de cette élection sont assez surprenants pour plusieurs raisons. Outre le cumul des mandats, le népotisme ambiant (dont on a finalement peu parlé…) et les termes accablants par lesquels le Conseil d’Etat avait annulé les élections municipales de mars 2008, la candidate UMP partait avec un lourd handicap. Le Conseil d’Etat n’avait-il pas invoqué “des propos et des insinuations d’une gravité inadmissible” qu’avait tenu la candidate durant la campagne de 2008. En cause notamment, un tract homophobe contre un candidat de son opposition. Certes anonyme, mais pour lequel le Conseil d’Etat avait apparemment considéré que la responsabilité de la candidate UMP était pleine et entière. La juridiction administrative avait notamment mis en cause des propos non démenties de Mme Joissains-Masini-Massini à un hebdomadaire, le Nouvel Observateur, intitulé “Aix. Une campagne folle, folle, folle…” “mettant clairement en cause la vie privée de M. de Peretti (représentant du MoDem) et certains membres de sa liste”.

On pouvait penser que l’UMP prendrait ses distances avec Maryse Joissains-Masini, compte tenu de l’image qu’elle véhiculait après cette campagne qui n’a pas, c’est le moins que l’on puisse dire, contribué à rétablir la confiance entre les citoyens et la classe politique. Il n’en a rien été. Plusieurs personnalités de la majorité étaient venues à Aix-en-Provence soutenir Mme Joissains-Masini, dont Jean-François Coppé et Xavier Bertrand ainsi que Jean-Paul Gaudin qui en rajoutait en déclarant “J’ai quitté Madonna pour aller embrasser l’autre Madonna d’Aix. Toujours dans la dentelle Gaudin ! Pour le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand, la réélection de Maryse Joissains-Masini “est un succès pour l’UMP et pour toute la majorité présidentielle”.
D’ailleurs, Mme Joissains-Masini a indiqué avoir reçu un coup de téléphone du président Nicolas Sarkozy. “Il m’a félicité et m’a dit qu’il avait conscience que je m’étais battue seule contre tous et que j’avais obtenu un excellent résultat alors que ce n’était pas évident”.
Stéphane Salord, ancien membre de l’équipe municipale de Mme Joissains-Masini, aurait pu peut-être expliqué les raisons de ses dissensions avec la maire. A notre connaissance il n’a pas pu ou su apporter les arguments pertinents qui auraient pu faire basculer le scrutin.
En conclusion, on s’aperçoit une nouvelle fois que le taux d’abstention reste très fort, ce qui n’est pas un signe de bonne santé de notre démocratie. En second lieu, on constate que des dirigeants de l’UMP, n’ont pas hésité à soutenir une candidate qui avait été sanctionnée sévèrement par le conseil d’Etat pour des « des propos et des insinuations d’une gravité inadmissible”.

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