Comité d’entreprise : la transparence comptable et l’encadrement s’imposent
Ces jours ci, les médias pointent l’opacité dans la gestion des CE d’entreprise, sujet qui a déjà défrayé la chronique médiatique de longue date dans de grandes entreprises..
Jean Luc Touly, Roger Lenglet co-auteur de “l’argent noir des syndicats” ed. Fayard, ont plus largement traité ce sujet.
Nous publions ici, le témoignage de M. Adrien Perreau, sonnant l’alerte en proposant des solutions :
LE FONCTIONNEMENT DES COMITES D’ENTREPRISE SANS GARDE-FOUS EST SOURCE DE DERIVES MULTIPLES
Cet article est à prendre comme mon témoignage sur les difficultés pour un membre d’un CE à comprendre quelles sont ses responsabilités, quels sont les risques qu’il encourt dans l’exercice de ses attributions, tout autant que ses possibilités de recours.
Quand je suis arrivé au CE de l’Opéra national de Paris il y a déjà plusieurs années, j’ai très vite jugé utile de prendre conseil auprès d’un expert comptable et de lui attribuer la présentation des comptes annuels, chose qui est loin d’être une obligation légale alors qu’elle constitue une sécurité de base pour les membres CE pris tant individuellement que collectivement, gage de la bonne gestion des sommes qui leur sont versées par la direction de l’entreprise pour des actions auprès de l’ensemble des salariés…
En effet, s’il y a bien obligation pour un CE d’avoir un règlement intérieur, si ses membres sont des représentants élus du personnel ou encore, si le Code du travail traite en partie de certaines responsabilités de ces élus, en revanche le fonctionnement d’un CE et la légalité de ses prises de décision votées ne sont ni encadrés ni réglementés, à la différence (notable) des assemblées d’élus des collectivités territoriales, par exemple, dont les délibérations sont soumises au contrôle de légalité.
Par ailleurs, le budget qu’un CE a à gérer, s’il ne représente parfois seulement qu’1% de la masse salariale, peut se révéler conséquent, voire très considérable, et justifie des démarches commerciales poussées… on peut dire illégales quand il s’agit de dessous de tables… à l’égard de représentants des CE, ces entreprises prestataires étant à la recherche d’un élargissement important de clientèle au travers de centaines de salariés.
J’ai donc contacté l’association Anticor, et en particulier Séverine TESSIER, sur le conseil d’élus de la République, afin de solliciter son avis sur la gestion des CE et l’absence de normes comptables telles que celles utilisées dans les collectivités territoriales.
J’aimerais donc attirer l’attention du législateur, en vue d’une évolution pratique et concrète de la réglementation, sur 3 axes fondamentaux de réflexion : premièrement, la responsabilité du CE dans l’exercice de ses attributions (respect et actualisation du règlement intérieur d’un CE, légalité de la tenue des réunions et des prises de décisions, gestion et utilisation des moyens financiers…) ; deuxièmement, la responsabilité personnelle des membres d’un CE (degré de responsabilité d’un trésorier ou d’un secrétaire distincte ou non et dans quel cas, modification du Code du travail au sujet de l’engagement du patrimoine personnel d’un élu du CE, etc.) ; et troisièmement, les recours à disposition du CE en cas de contentieux et les juridictions compétentes correspondantes, qu’il s’agisse des possibilités de recours d’un CE contre l’un de ses membres ou un tiers, ou qu’il s’agisse de celles d’un membre de CE contre le comité lui-même ou un tiers.
Adrien PERREAU, Président de la commission économique et financière
du Comité d’entreprise de l’Opéra national de Paris
Ne pas oublier “Histoire secrète du Patronat” aux Editions La Découverte, écrit par 4 journalistes dont David Servenay et Benoit Colombat.
En effet, si les CE financent les syndicats, ne pas oublier, entres autres, la caisse noire de l’UIMM qui serait alimentée, en partie, par les fonds de la formation professionnelle…
http://www.rue89.com/…/uimm-la-caisse-noire-remplie-par-des-stagiaires-fantomes -
http://www.politis.fr/UIMM-GIM-d-ou-vient-l-argent-du.html
En tant qu’ expert comptable (en particulier de celui de l’ Opéra National de Paris) et commissaire aux comptes, je suis bien d’accord, qu’il faut responsabiliser les membres du CE, et plus particulièrement le Président et le Trésorier sur la bonne réalisation de leurs objectifs qui, traduits en termes financiers, doivent être comparés aux budgets prévisionnels, se rapportant aussi bien au fonctionnement, qu’aux activités culturelles et sociales.
l’expert comptable du CE aurait comme mission complémentaire de celle de superviser l’élaboration des comptes, de commenter les écarts existants entre les chiffres annoncés dans les budgets et ceux réalisés.
L’expert comptable du CE devrait, également, avoir une mission de contrôle du bon suivi des procédures administratives, et si celles ci n’existent pas, il devrait les mettre en place.
Vous trouverez ce livre parmi nos notes de lecture.
Nous avons reçu avec grand plaisir et intérêt 2 des journalistes.
Anticor
Je voulais ajouter qu’il existe quand même une obligation légale de compte-rendu annuel de gestion financière du comité d’entreprise tant sur son fonctionnement que sur la gestion des activités sociales et culturelles. Ce compte rendu est communiqué aux salariés par voie d’affichage. Il est d’usage qu’il soit présenté en réunion à la direction. Il est également habituel que l’expert-comptable du CE l’approuve.
Aurélie Moreau, Ambition CE, 12 place Edouard VII, PARIS, 9éme, 0650756714
Bonsoir
Pour ceux qui s interressent a la problematique du comite d entreprise et de son controle
en tant qu expert comptable specialiste,
j ai cree un blog d informations specifiques :
http://comitesentreprises.compta.net
bonne lecture a tous
et bonne annee
Michel BOHDANOWICZ
Expert comptable
http://www.compta.net