C’est en 2002, après le choc du 21 avril qui voit le candidat de l’extrême droite Le Pen arrivé en deuxième position, qu’apparaît l’Association Anticor. Quelques élus conduits par Séverine Tessier, venus de tous les partis républicains, persuadés que ce séisme politique est le résultat de l’état de délitement éthique de notre République décident de s’organiser pour que les citoyens retrouvent la confiance qu’ils ont perdue dans leurs élus.

Eric Halphen, spécialiste des affaires politico-judiciaires, qui avait notamment instruit à Créteil celle des HLM de Paris, en tentant de démêler un réseau complexe de fausses factures soupçonnées de servir au financement occulte du RPR, l’ancêtre de l’UMP, est le premier magistrat à venir soutenir l’action d’Anticor. Il devient Président de son comité parrainage.

En 2003, des citoyens venant de tous horizons politiques et philosophiques, décident à leur tour de soutenir Anticor en constituant l’association des Amis d’Anticor et en  2008 les deux associations fusionnent par l’absorption des Amis d’Anticor par Anticor.

Elus et citoyens affirment qu’il est possible de faire de la politique autrement, sans pratiquer le clientélisme, sans tricher, en parlant vrai et en éliminant de la scène politique tous ceux qui ont commis des délits dans l’exercice de leur fonction élective. Pour ce faire, ils encouragent tous les partis à réagir et à se prononcer nettement sur les mesures d’assainissement qu’Anticor préconise pour réhabiliter la politique.

Tous font le constat désolant, que depuis quelques années, les affaires de corruption impliquant des hommes politiques, toutes tendances confondues, se multiplient. Elles éclaboussent même les sommets de l’Etat. Elles donnent de la France une image de république bananière. Quant au pouvoir en place, il freine les actions de la justice quand celle-ci cherche à affirmer son indépendance. Ce triste constat entraîne une désaffection profonde d’une majorité de citoyens de notre pays pour sa classe politique et pour ses institutions. En effet, d’après une étude du Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF), en 2006 60 % des Français jugent leurs élus corrompus.

On peut s’étonner que de tels signes de rejet de la politique ne suscitent pas encore l’attention qu’ils méritent auprès de la plupart des partis républicains. Tous plus allants sur la lutte contre la délinquance ordinaire, à propos de laquelle ils réclament une «tolérance zéro», se font généralement discrets s’agissant de la délinquance en col blanc. Pis, ils organisent le recyclage, et même pourrait-on dire le « recel» d’élus corrompus.

Il faudrait pourtant que les partis politiques comprennent que rien n’indique que les candidats corrompus bénéficient d’une plus-value électorale. On constate même l’inverse : une prime à la morale, là où la problématique de la bonne gestion publique, de l’éthique, des nouvelles pratiques est vigoureusement portée par un candidat en campagne, même si malheureusement quelques exemples viennent parfois contredire ce constat.

Aujourd’hui l’association Anticor est partie intégrante de la vie associative de notre pays et elle est reconnue en tant que telle. Elle a fait l’objet de reportages dans Libération, Témoignage Chrétiens, Le Parisien, et dans de nombreux autres quotidiens nationaux et régionaux. Elle a été invitée par Michel Hunault député, à participer à une consultation avec Transparency France pour l’élaboration de la loi anti-corruption votée en octobre 2007 dont ce député était le rapporteur.

Son comité de parrainage s’est renforcé avec la venue de Christiane Taubira, Dominique Voynet, Corinne Lepage, Tristan Mendès France, Yann Wehrling, Cécile Duflot, etc. Des députés, des sénateurs et des élus des collectivités locales la soutiennent activement. Des Groupes Locaux ont été fondés dans quelques départements, comme dans le Val de Marne, la Moselle, les Yvelines, la Loire Atlantique… Par ailleurs, l’association est soutenue par d’autres mouvements associatifs, des personnalités politiques et de la société civile, de nombreuses ONG, des écrivains, des universitaires etc.

Tout dernièrement Eric Halphen est devenu Président d’Honneur de l’association.

Enfin Anticor fait partie de deux grands collectifs, l’un qui lutte contre les paradis fiscaux et judiciaires, l’autre qui se bat pour la réglementation du lobbying, chacun de ces deux collectifs regroupant lui-même plus d’une dizaine d’associations et d’ONG internationales.

3 Réponses à “Qui sommes nous ?”

  1. MARCINIAK Annie a dit :

    A

    M. Jean-Pierre ROUX Président d’ANTICOR

    Monsieur le Président,

    Simple adhérente de Perpignan au MoDem 66 ,j’ai découvert sur votre site l’appel que j’ai copié en fin de message.

    Je pense que vos propositions feraient plus de 70% dans un référendum si vos propositions pouvaient être soumises au référédum d’initiative citoyenne.

    Dans ces conditions pouvez- vous me dire pourquoi vous ne demandez pas son instauration ?

    Ceci vous permettrait de tenter faire donner force de loi à vos propositions en les soumettant directement au peuple devenu souverain ?

    Salutations démocratiques et transparentes

    Annie MARCINIAK

    Appel d’Anticor en faveur d’une justice indépendante et équitable
    (…°

    Conformément à la Convention européenne des droits de l’homme et aux engagements internationaux de la France, les citoyens que nous sommes réclamons:

    – la reconnaissance du droit des citoyens à accéder à un juge indépendant tant au niveau de l’engagement des procédures, que durant leur instruction

    – la reconnaissance comme objectif de la société française de lutter de manière effective contre toutes les formes de délinquance financière et sanitaire, contre les paradis fiscaux, la corruption et le trafic d’influence, et ce à fin de pouvoir enfin occuper une place respectable dans la liste des pays qui luttent contre la corruption

    – la reconnaissance d’un véritable pouvoir judiciaire sans aucun moyen de pression du pouvoir politique sur la justice Nous citoyens, associations, signataires de cet appel, réclamons l’ouverture d’un véritable débat national, ouvert à tous les acteurs de la société civile.

    PREMIERS SIGNATAIRES

    Corinne Lepage, membre du Comité de Parrainage d’Anticor; Roger Lenglet, philosophe et journaliste; Jacques Testart, directeur de recherches honoraire de l’INSERM, Association pour le Contrat Mondial de l’Eau; Séverine Tessier, attachée parlementaire et Présidente fondatrice d’Anticor; Yann Fiévet Professeur de Sciences Economiques et Sociales Président d’Action Consommation ; Action Consommation (Yann Fiévet) ; Jonathan Denis, président d’Aujourd’hui Autrement ; Association Ban Asbestos France (Voide Gérard) ;


  2. Chers amis,

    Journaliste à l’AFP depuis 29 ans, je voudrais vous faire part de l’inquiétude de la plupart des journalistes et collaborateurs de l’AFP devant la perspective de perdre nos statuts de 1957 qui garantissent notre indépendance.
    Le gouvernement a demandé à notre PDG de lui proposer d’ici fin mars une “modernisation” des statuts, qui prévoirait un actionnariat, ce qui va à l’encontre de notre indépendance et risque de nuire à nos missions qui sont d’être présents partout dans le monde et de rendre compte des faits le plus objectivement possible. L’AFP est à l’origine de 90% des informations d’intérêt national ou international diffusées en France et dans de nombreux pays. Outre que l’indépendance des médias serait bafouée, comment accepter que des informations soient dispensées en fonction de leur rentabilité supposée? C’est donc aussi la liberté de la presse qui est en jeu.

    Une pétition a été lancée qui a déjà recueilli près de 12.000 signatures, dont de grandes figures de la presse, des personnalités politiques, des acteurs, des écrivains et de grandes consciences morales comme Stéphane Hessel, co-auteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, Edgar Morin et beaucoup d’autres.

    Nous souhaitons qu’Anticor, et les associations amies, évoquent sur leur site cette pétition.

    Pour signer, il faut consulter le site http://www.sos-afp.org

    Très cordialement

    Jean-Michel Cadiot

  3. Claude Bernard a dit :

    Les quatre conditions d’un sommet de Londres sincère et fondateur

    Banques, agences de notation, paradis fiscaux, Madoff et consorts… le crime était presque parfait ! Une superstructure opaque organisant un espace financier parallèle, siphonnant l’essentiel de la création de richesse, au profit d’une quasi secte, mafia blanche inconsciente ou cynique. Un système se devant d’être toujours en mouvement, afin de maintenir l’illusion de l’équilibre, et exerçant les pressions les plus violentes sur les conditions économiques du plus grand nombre, afin de gonfler mécaniquement et toujours davantage les acquis financiers au détriment des acquis sociaux et du partage équitable de la croissance. Voila ce qui faisait tourner le monde sans sourciller il y a encore quelques mois à peine. La cupidité insolente, obscène et aveugle, aura cependant laissé se mettre en place des révélateurs tout aussi mécaniques de cette perversion, au premier rang desquels le système désormais bien connu des subprimes. Comment ne pas multiplier les crédits lorsque dans le même temps on confisque la richesse? Avec le recul, vraisemblablement aurait-il suffi alors de créer une structure de défaisance commune aux principaux acteurs financiers concernés, structure bien moins coûteuse que toutes les aides débloquées depuis, et qui aurait empêché le décor de se déchirer.Tout aurait pu continuer encore longtemps et sans que l’on sache… Heureusement il y eut alors la faillite de Lehman Brothers, puis celles de Fannie Mae et Freddie Mac. Heureusement, oui. Car ceux qui se désolent de ces événements n’ont simplement que le regret d’avoir été obligés de regarder en face une réalité qu’ils commençaient à pressentir, et dont ils ne voulaient surtout pas se sentir responsables. Ou bien n’ont pas saisi la monstruosité du système. Aller au bout des conséquences les plus dramatiques d’un état de fait désormais incontrôlable, et qui ne méritait plus d’être défendu, aura ouvert les yeux à tout le monde ou presque.

    En tout cas, c’est ce qu’il faut espérer. Il faut en effet exiger que toutes les leçons soient tirées de cette crise. Il faut s’assurer qu’un retour en arrière, auquel certains croient naïvement, tandis que d’autres l’espèrent cyniquement, sera rendu impossible. Il faut s’assurer qu’à Londres, on évitera le risque potentiel, et qui serait fatal, d’une connivence larvée entre certains politiques et le monde de la finance.

    Quelles sont les conditions indispensables d’une telle refondation, d’un véritable et courageux World Financial Act ?

    Tout d’abord il faut sceller le sort des paradis fiscaux qui sont le point d’appui essentiel de cette finance nocive déconnectée de la réalité. Tout le monde semble d’accord. C’est bien, à condition qu’on ne fasse pas dans la demi-mesure. Il faut mettre d’urgence sous contrôle international ces entités artificielles, les établissements financiers qu’elles hébergent, et mettre temporairement sous séquestre – oui sous séquestre ! – les avoirs qui y sont détenus. Au moins le temps d’en faire l’inventaire, si l’on veut vraiment connaître le bilan réel des actifs toxiques des banques. Et surtout éviter que les fonds mis à disposition de ces mêmes banques par les états ne viennent en compenser, de manière incontrôlée, les pertes occultes.

    Il faut ensuite demander des comptes et contrôler des acteurs dont personne n’a parlé jusqu’à présent, et qui n’ont cessé de se faire oublier depuis le début de la crise: avez-vous remarqué que rien n’a été dit par et sur les chambres de compensation ? Alors que ces organismes, au premier rang desquels Clearstream et Euroclear, connaissent tout des flux internationaux qu’ils contrôlent ? Pas la moindre analyse, pas la moindre mise en garde…Trop d’intérêts, trop de pressions sont en jeu pour qu’eux aussi ne soient pas soumis à la plus grande transparence.

    Les agences de notation enfin : juges et parties à la fois, car trop dépendantes financièrement de leurs clients, non contrôlées elles-mêmes, et agissant dans un domaine où le réel n’est souvent plus contraignant ni pris en compte, où certaines opérations financières oh combien fructueuses se construisent sur la base de rumeurs et de manœuvres peu détectables et encore moins mesurables. Quelles notations sont encore possibles et crédibles dans de telles conditions ? Là encore il faudra redéfinir le rôle et contrôler les opérations de ces organismes, si tant est qu’il soit démontré que leur utilité l’emporte largement sur leur nocivité potentielle.

    Pour mener à bien ces actions internationales fondant un nouvel ordre financier mondial il apparaît alors indispensable de créer une Cour Internationale des Comptes et de Justice Financière qui pourrait être partiellement une émanation du FMI pour ce qui est des actions de contrôle. Quant aux actions judiciaires ouvertes au sein de cette Cour, elles seraient conduites par une structure confiée à des personnalités qu’on a trop oubliées elles aussi, et bien à tort, mais qui nous ont si souvent alertés. Des personnalités qui ont œuvré avec autant de ténacité et de courage qu’elles ont été peu soutenues par les pouvoirs en place. Des personnalités qui ont été et sont le réconfort de tant de citoyens indignés voire meurtris, des hommes et des femmes qui ont été et sont l’honneur de la Justice et le symbole de l’exigence démocratique : je veux parler ici de ces juges auxquels nous devons enfin nous-mêmes, tous et dans un même élan, rendre justice. Bernard Bertossa, Eva Joly, Baltasar Garzon, Fabio de Pasquale en sont les figures emblématiques en Europe. Puisque la crise est là, confirmant tant de menaces et de dévoiements dont ils nous avaient prévenus, le temps est venu de leur confier cette tâche urgente, ardente, et dont ils sont tellement dignes. Puisque mondialisation il y a, le temps est venu de prendre exemple et de s’appuyer sur l’action forte de la Norvège en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière.

    Voila les points d’ancrage qui nous semblent essentiels pour une refondation efficace et sincère du système financier international. Certes sans doute faudra-t-il leur adjoindre, au niveau international comme au niveau national, des mesures complémentaires concernant l’évaluation des parités des monnaies, la juste redistribution des richesses créées et la réduction drastique des inégalités, si l’on veut que l’intérêt général et le développement restent accessibles et demeurent les ferments de la cohésion et de la justice sociales. Sans doute faudra-t-il orienter davantage les fonds de pension sur l’investissement à long terme et définir au sein des entreprises des ratios, réalistes et non contradictoires, de rentabilité industrielle, de rentabilité financière et surtout de rentabilité sociale. Mais que déjà sur ces quatre points évoqués ici, MM Obama, Merkel, Sarkozy, Brown et l’ensemble du G20 montrent du courage, de la détermination et sachent nous donner les garanties que nous sommes légitimement en droit d’exiger.

    Claude Bernard


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